Que l’on aime passer du temps dans la cuisine pour mitonner de bons petits plats ou non, que l’on soit plutôt plateau télé en solitaire ou grandes tablées, une chose est sure : nous mangeons tous. Plus ou moins gras, plus ou moins sain, plus ou moins bio, plus ou moins bon… Manger est une de nos principales préoccupations et une de nos principales occupations.

Et s’alimenter, surtout de la manière dont nous le faisons à notre époque, n’est pas sans conséquence sur l’environnement :  agriculture intensive, utilisation de pesticides, élevage intensif d’animaux, transport des denrées… tout cela a un fort impact environnemental. Un impact plutôt (très) négatif : réchauffement climatique, pollution des eaux, déforestation (et donc perte de biodiversité)… Je ne vous apprends rien.

Mais il y a des gestes que nous, consommateurs, individus, pouvons adopter au quotidien pour réduire autant que possible notre impact sur l’environnement. Modifier notre manière de nous alimenter en fait partie.

Attention, cet article n’a pas pour but de vous dicter comment consommer et quoi mettre dans votre assiette. (D’autant que je ne suis absolument pas irréprochable de ce point de vue). Il s’agit plutôt ici d’évoquer quelques pistes. De réfléchir à des habitudes liées à l’alimentation qui seraient plus éco-responsables, et pourquoi pas, les adopter.

Où acheter ses aliments

La première chose que nous faisons (quasiment) tous avant de passer derrières les fourneaux est  d’aller faire « les courses ».

Les courses… Personnellement j’ai horreur de ça. Particulièrement dans les grands magasins. Il fait trop chaud, la musique est  beaucoup trop forte, c’est grand, on s’y perd, ça prend des plombes… un vrai calvaire ! Et les produits qu’on y vend sont pour la plupart industriels, suremballés, une grande partie des légumes traités aux pesticides, la viande provient d’élevages intensifs etc. Pas très écolo tout ça !

Quelles sont les alternatives pour shopper sa nourriture de manière plus « green »?

Le marché

On peut y aller pour les fruits et légumes, la viande, les produits fromagers et laitiers… On y trouve du  bio et du non bio, à des prix attractifs, et une grande partie des produits sont locaux et de saison. Et le local, c’est idéal. Déjà parce que ça pollue moins. Ensuite parce qu’on on passe directement du producteur au consommateur.

Ok le marché est une idée, mais si on ne peut pas s’y rendre ? Effectivement dans certaines villes les marchés ne sont présents qu’un ou deux jours par semaine, souvent uniquement le matin. Niveau timing, ça peut poser problème.

Photo by Sonja Langford on Unsplash

Si on a un planning serré, d’autres solutions existent !

Depuis quelques années un concept a fait son apparition dans le secteur de la production et la vente de produits alimentaires locaux :

Les Amap

Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) sont  des structures associatives qui vendent des produits issus de l’agriculture locale, en partie bio, aux consommateurs vivant dans leur secteur géographique. Elles produisent des légumes, des fruits et parfois aussi des fromages, des jus de fruits ou encore de la viande.

Le principe est simple : on s’inscrit auprès d’une des AMAP présentes près de chez nous, et ce pour un an. On choisit une formule adaptée à nos besoins : c’est-à-dire au nombre de personnes vivant dans notre foyer, à notre consommation de légumes etc

Durant l’année que dure notre contrat l’AMAP s’engage à nous fournir de manière hebdomadaire un panier de fruits et légumes. Ce panier sera livré par l’AMAP, non pas à notre domicile mais dans des relais. Ces relais sont souvent des commerces de proximité : restaurant, bar du coin, notre coiffeur préféré…

Ce système permet un peu plus de flexibilité (au niveau des horaires) pour le consommateur. Et puis on a la surprise de la contenance du panier ! Bien qu’en hiver ça ressemble souvent à « du chou, du chou, et du chou ». (C’est une boutade, n’est-ce-pas).

En somme l’AMAP c’est un peu comme une box beauté, mais avec des légumes.

Et là encore, on passe directement du producteur au consommateur, tout le monde s’y retrouve.

Grace au marché et aux AMAP on peut donc manger local, et des produits de qualité : des fruits et légumes non traités aux pesticides, des oeufs frais, de poules élevées dans de bonnes conditions, des fromages fabriqués par des passionnés qui traitent leurs bêtes avec respect…

Pour ce qui est des aliments type pâtes, céréales, biscuits, légumineuses, bref, de l’épicerie, l’idéal est de se tourner vers des produits sans emballages. Moins d’emballage = moins de pollution. On en trouve depuis de nombreuses années dans les magasins bio tels que les Biocoop par exemple. Mais depuis quelques temps des petites boutiques spécialisés dans le « sans-emballage » s’implantent un peu partout :

Les magasins de vente en vrac

Ces épiceries vendent tous leurs produit en vrac, au poids.

On y trouve de l’alimentation (biscuits, pâtes, lentilles, riz, quinoa, épices, fruits secs, sucre etc), mais également parfois des produits d’entretien (sous forme liquide, que l’on paie au litre), des aliments pour animaux, des produits d’hygiène sous forme solide ou liquide… Le tout sans emballage.

On peut également y acheter les contenants destinés à recevoir nos produits ou on peut y aller avec les nôtres.

Personnellement, je m’imagine assez mal me promener avec mes bocaux sous le bras, je m’équipe donc de petits sacs en tissu refermables.

Le principe est très simple, on sélectionne les produits que l’on souhaite acheter, l’employé(e) de la boutique procède à leur pesée (ainsi qu’à celle des contenants), on paie, on s’en va.

Simple et écolo en somme. Et on ne paie que pour ce que l’on consomme.

Il faut néanmoins être vigilant sur les prix, certains revendeurs n’hésitent pas à les gonfler sur certains produits. Une épicerie vrac proche de chez moi vend à plus de neuf euros le litre de savon noir que je trouve aux environs de sept euros à la Biocoop…

 

 Les enseignes bio

On y trouve de tout, de la nourriture aux produits ménagers en passant par les croquettes pour chat, un peu comme dans les grandes surfaces. Cependant tout y est bio. Et ces enseignes privilégient généralement les produits locaux (surtout en ce qui concerne les produits laitiers, les oeufs, les fruits et légumes etc). Ils proposent en général une assez large gamme de produits en vrac, mais également des produits emballés, des conserves… de tout quoi !

On tient à faire ses courses en grande ou moyenne surface 

Soit ! Et qui oserait nous juger pour ça?

Eh bien :  si possible on se tourne vers le rayon vrac pour l’épicerie, ça se fait de plus en plus dans pas mal d’enseignes. Sinon on choisit des produits avec le moins d’emballage possible.

Et des produits dont la liste d’ingrédients est la plus courte possible. (C’est valable aussi pour les autres rayons).

On privilégie les oeufs bio et de poules élevées en plein air. Et on check leur provenance.

On regarde la provenance de la viande : plus c’est proche, mieux c’est.

On privilégie les légumes et fruits de saison et si possible on les prend bio. Vous trouverez une liste de ceux à acheter bio en priorité ici (car fortement contaminés par les résidus de pesticides).  J’y ai ajouté la liste des 15 fruits et légumes que vous pouvez consommer non bio sans trop de risque.

Les aliments à éviter

Peu importe où l’on se fourni, certains aliments sont à éviter quand on veut adopter un comportement éco-friendly.

Les aliments transformés

Attention la liste est longue : plats préparés (chauds comme froids, des « Pasta-box » aux club-sandwichs en passant par les pizzas), gâteaux et biscuits industriels, soupes en sachet, viennoiseries,  sauces en tout genre, sodas, purées et autres aliments en poudre…

Tous ces aliments, en plus d’être suremballés, et donc très polluants, sont également bourrés d’additifs : arômes, colorants et conservateurs. Ces derniers sont potentiellement nocifs pour la santé.

L’idéal serait donc de ne consommer que des produits bruts, non transformés. Et bien entendu de les cuisiner soi-même.

Les produits « hors-saison »

Fraises, tomates, pêches, framboises… Ces fruits estivaux n’ont pas grand chose à faire dans notre assiette en hiver. Manger des fruits et légumes hors saison implique de manger des produits qui viennent de loin. Qui dit longue distance dit transports, carburants, pollution.

Il est évidemment possible de se faire plaisir avec les produits de saison, et ce quelle que soit la saison. Et oui, même en hiver ! (Chou farci, salade chou, potée de chou, gratin de chou-fleur, chou à la crème…)

Il est vrai que pour varier les plaisirs il est souvent nécessaire de se mettre aux fourneaux… Et ça on en a pas toujours envie, me direz vous ! Eh bien… oui c’est vrai, on en a pas toujours envie. Dans ce cas on prend une pomme? C’est bien les pommes.

Les aliments dont il faudrait réduire notre consommation

Il s’agit là d’aliments dont il serait bon de diminuer notre consommation, tant pour notre santé que pour l’environnement. Je les mets dans le même panier car ils sont tous issus (en grande partie) de l’élevage intensif d’animaux. Il s’agit de la viande, du lait, et des oeufs. 

L’élevage intensif est une cata pour l’environnement.

Tout d’abord l’élevage prend de la place, beaucoup de place, et pour lui en faire, on déforeste.

En ce qui concerne l’eau, l’élevage s’approprie une grande partie de cette ressource. De plus il contribue grandement à la polluer : antibiotiques, engrais, pesticides, déchets animaux, hormones…

Il est aussi la principale source d’émission de gaz à effet de serre. Oui, avant les transports.

Je ne vous dis pas là qu’il faut absolument devenir végétarien ou végétalien. Bien que j’éprouve un grand respect pour ces derniers et pour les convictions qui les poussent en général à adopter ce mode de vie.

Mais diminuer la fréquence des repas carnés, choisir des produits de meilleure qualité, venant de plus petits élevages (si possible locaux) est une démarche louable. Et un bon début !

 

En résumé 

Moins d’emballages, plus de local, moins de pesticides, moins de transformé… ça peut paraitre beaucoup mais en réalité ces petites habitudes se prennent très rapidement et très facilement.

Vous pouvez bien-entendu (et ce fut mon cas), faire le choix d’y aller tranquillement, progressivement. En fait bien souvent, une habitude en entraine une autre. Car tous ces gestes sont liés, ils ont le même objectif et relèvent d’un même état d’esprit. Qu’on a ou qu’on a pas. L’important est d’agir en fonction de ses convictions, sans se mettre la pression. Il serait dommage de démarrer à toute vitesse, de changer toutes ses habitudes alimentaires d’un seul coup, pour finalement tout abandonner, découragé par trop de contraintes.. Voyez?

En ce qui me concerne je fais mes courses un peu partout selon mes envies et mes besoins : biocoop, marché, épicerie de vrac, supermarché. Et  j’essaie d’appliquer toutes ces petites règles au quotidien mais parfois je me relâche : j’achète un paquet de dorritos que je vide intégralement devant la télé (en les trempant dans un guacamole maison, quand même ! ), ou alors une irrépressible envie de sucre me pousse à  descendre une canette de soda. Dans mon magasin bio les avocats, et j’en consomme énormément,  viennent du Mexique ou d’Israel… Ce ne sont que quelques exemples de mes écarts. Mais je vis avec !

Et je suis persuadée et affirme que quelque écarts et incohérences n’annulent pas tous nos efforts. Le plus gros effort étant d’ailleurs de se lancer, le reste vient naturellement. Alors go écolo !

Et vous, vous en êtes où d’un point de vue éco-conso?  Ça vous parle?

La bise

 

 

 

 

 

 

4 thoughts on “Manger plus éco-responsable : c’est possible et pas si difficile !”

  1. Bonjour! J’essaie d’augmenter ma consommation de produits locaux et bios. Malheureusement je n’ai pas vraiment les moyens de manger « tout bio ». Pourrais tu me dire quels produits acheter bio en priorité? En particulier concernant les fruits et légumes?

    1. Bonsoir! Merci pour ton commentaire ! Il m’a poussée à publier une (toute petite) page intitulée : Pesticides, liste des fruits et légumes les plus contaminés. (qui se trouve sur la page d’accueil du blog, le lien ne semble pas fonctionner dans les commentaires) Tu devrais y trouver la réponse à ta question. Il s’agit de la liste des fruits et légumes les plus pollués par les pesticides et qu’il est donc de bon ton d’acheter bio 🙂

  2. Merci pour les listes ! Si j’ai bien compris, il vaut mieux acheter bio les fruits et légumes de la première, et on peut acheter non bio ceux de la deuxième?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *